Dans le cadre de récentes évolutions législatives, l’entretien professionnel évolue et devient désormais l’entretien de parcours professionnel. Cette réforme vise à renforcer l’accompagnement des salariés dans le développement de leurs compétences et l’évolution de leur carrière au sein de l’entreprise.

Un entretien centré sur le parcours et les perspectives professionnelles
L’entretien de parcours professionnel a pour objet d’échanger avec le salarié sur son évolution professionnelle et son employabilité, en tenant compte des transformations de l’entreprise et des métiers.
Il porte notamment sur :
- les compétences du salarié et les qualifications mobilisées dans son poste actuel, ainsi que leurs perspectives d’évolution ;
- sa situation professionnelle et son parcours au regard des évolutions des métiers et des besoins de l’entreprise ;
- ses souhaits d’évolution ou de mobilité professionnelle ;
- les dispositifs pouvant soutenir son développement, tels que la validation des acquis de l’expérience (VAE) ;
- l’utilisation du compte personnel de formation (CPF) ;
- plus généralement, toutes les questions liées à son avenir professionnel.
Une distinction à maintenir avec l’entretien annuel d’évaluation
Il convient de rappeler que cet entretien ne doit pas être confondu avec l’entretien annuel d’évaluation.
L’entretien d’évaluation, facultatif, a pour objectif d’apprécier la performance du salarié et l’atteinte de ses objectifs. Il n’est pas modifié par la réforme.
À l’inverse, l’entretien de parcours professionnel est obligatoire et porte exclusivement sur l’évolution professionnelle du salarié.
Modification des périodicités
La réforme modifie sensiblement le calendrier des entretiens.
Désormais :
- le premier entretien doit être organisé au cours de la première année suivant l’embauche du salarié (contre deux ans auparavant) ;
- il doit ensuite être renouvelé tous les quatre ans (au lieu de deux ans précédemment) ;
- tous les huit ans, un entretien récapitulatif doit être réalisé afin de dresser un bilan global du parcours professionnel du salarié au sein de l’entreprise (contre six ans auparavant).
Date d’application des nouvelles règles
L’entrée en vigueur des nouvelles périodicités dépend de l’existence d’un accord collectif.
- Dans les entreprises couvertes par un accord d’entreprise ou de branche fixant la périodicité des entretiens, les nouvelles règles s’appliqueront à compter du 1er octobre 2026.
- En l’absence d’accord collectif, ces dispositions s’appliquent déjà depuis le 26 octobre 2025.
Obligation spécifique dans les entreprises d’au moins 50 salariés
Dans les entreprises d’au moins 50 salariés, une sanction financière est prévue lorsque le salarié n’a pas bénéficié des entretiens auxquels il avait droit.
Ainsi, si au cours des huit dernières années le salarié :
- n’a pas bénéficié de ses entretiens de parcours professionnel,
et - n’a pas suivi au moins une action de formation autre que celles rendues obligatoires par la loi ou la réglementation,
l’employeur doit abonder son compte personnel de formation (CPF).
Le montant de cet abondement correctif est fixé à 3 000 euros.
Ce versement doit être effectué au plus tard le dernier jour du trimestre civil suivant la date de l’entretien servant de référence pour apprécier la période de huit ans.
À retenir
La transformation de l’entretien professionnel en entretien de parcours professionnel s’inscrit dans une logique de gestion anticipée des compétences et de sécurisation des parcours professionnels.
Cette réforme implique pour les entreprises une adaptation de leurs pratiques de gestion des ressources humaines, notamment en matière de suivi des entretiens et de formation.